lundi 16 août 2010

Un autre verre? Non merci.


Par hasard, je suis tombée sur ce gamay de la Loire, Domaine de la Charmoise Touraine 2009 de Henry Marionnet. Cette région du nord-ouest de la France, bien connue pour son muscadet, cultive la moitié de ses vignes pour la production de vin blanc.

Du côté des rouges, ce sont les pinots noirs et les cabernets francs qui sont généralement à l'honneur. Mais dans l'appellation « Touraine », le gamay - emblème du Beaujolais- est autorisé pour les vins dits « primeurs » autrement dit, mis en vente la même année que la récolte.

Mais ce qui m'a accroché, c'est l'inscription au dos de la bouteille « Selon Robert Parker, Henry Marionnet est certainement l'un des meilleurs vivificateurs de France. »

Il n'en fallait pas plus, à 15,15$, pour piquer ma curiosité et apporter cette bouteille à la maison.

Aux premiers coups d'oeil, la robe est plutôt foncée pour un gamay.

Au nez, rien à voir avec les petits fruits du gamay conventionnel. C'est sanguin, ferreux, humide. Une odeur de sucre s'en dégage. Ce n'est pas agréable du tout!

On y décèle aussi un peu d'épices, je dirais de la cannelle et des notes de mûres.

En bouche, c'est fade. Des tannins et des fruits plutôt absents. De l'acidité plutôt gênante. Bref, rien d'invitant.

Le vin a été travaillé en cuve inox, donc pas de bois.

Déçue, certes, mais intriguée, « qu'est-ce que Parker peut bien lui trouver? »
Je jète un coup d'oeil sur le site internet de ce fameux Marionnet et ma déception se prolonge, voici quelques extraits:

- cueillie à la main avec beaucoup de soin et cela presque exclusivement par des femmes
- sa légèreté d'abord, qui permet de le boire à grandes rasades
- vous vous sentirez bien en le dégustant

Bizarre…

Est-ce que Marionnet fait des miracles avec ses autres cuvées? Est-ce l'été 2009 qui ne lui a pas rendu service? Est-ce ma bouteille qui a mal voyagé?

Son seul point positif, le taux d'alcool n'est pas trop élevé, seulement 12%.

Avec quelques bleuets et du chocolat au piment d'Espelette, j'ai pu finir mes quelques gorgées, sans plus. Je retourne mon verre, pas la peine d'en boire davantage!

Gamay Domaine de La Charmoise Touraine 2009 , Code SAQ : 00329532, 15,15 $

vendredi 13 août 2010

Un peu de piquant sur mon cru bourgeois supérieur

Mon amoureux avait rapporté cette bouteille de Château la Tour Marbuzet, St-Estèphe, 2005 de Paris. Le marchand de vin lui avait vendu 30euros (environ 45$) en 2008.

Il l'avait mise en cave et attendait le bon moment pour l'ouvrir.

Et ce moment choisi, c'était cette semaine. Après deux mois passés 24h/24 ensemble, il retournait au travail. Une belle occasion de finir ce congé en beauté!

Comme un enfant, il tournait autour de sa bouteille, heureux et excité d'enfin l'ouvrir. Le bouchon a sauté et les souvenirs de ses balades à Paris et de sa visite chez le marchand de vin ont refait surface.

Nous nous sommes empressés de mettre le nez dans nos verres. Quelle explosion de cassis, de bleuets et de poivre blanc! Avec l'aération, une pointe végétale s'exprimait, suivie de cannelle et de cassonade.

Si le nez de ce Marbuzet nous avait séduit, la bouche nous réservait aussi ses charmes. Suave, moelleux, épicé, le vin était à point. Les tannins, soyeux sur le palais, offraient un vrai délice pour cette superbe longueur en bouche.

En finale, des notes de cacao et du poivre.

C'est ce dernier qui nous a guidé vers un repas qui se devait à la hauteur de cet excellent vin et de cette remarquable occasion.

Si vous aimez les repas relevés et piquants, le poivre chinois appelé « poivre de Sechuan», « poivre anisé » ou « fagara » peut être une découverte intéressante.

Le poivre de Sechuan est un petit fruit séché d'un frêne chinois. Ces baies piquantes ont aromatisées à souhait nos côtelettes d'agneau. Mais attention, si vous voulez goûter votre repas et votre vin, surtout n'en mettez pas trop! Cette épice est intense.

Aucun remord d'avoir ouvert la bouteille. Bien que les Bordeaux s'apprécient davantage en vieillissant, les crus bourgeois dits «supérieurs» comme la Tour Marbuzet, se boivent généralement plus tôt. En revanche, les crus bourgeois qualifiés d'«exceptionnels», comme la version haut-de-gamme de notre vin, gagneront à être laissés en cave.

Le Château la Tour Marbuzet fait en effet partie de la grande famille du domaine Château Haut-Marbuzet, un cru bourgeois exceptionnel produit par Henri Duboscq.

Alors, si jamais vous tombez sur l'une des rares bouteilles de Château Haut-Marbuzet disponibles à la SAQ, vous mettrez beaucoup plus que 45$. Et vous attendrez plus longtemps avant de la boire. Mais j'imagine que l'expérience en vaudra les quelques 149$.

Pour les plus petits budgets, la découverte du poivre de Sechuan fera aussi l'affaire pour accompagner un Bordeaux. Bonne dégustation!

Château Haut-Marbuzet Saint-Estèphe cru bourgeois 2005 , Code SAQ : 10654702, 149,00 $

mardi 10 août 2010

Un Allemand pétillant!

Mon éminent collègue Marc-André Gagnon proposait en juin dernier cette bouteille de vin allemand : le Dr. L. Loosen, Riesling 2009.

L'Allemagne fait de beaux vins de grande qualité. Ils tendent vers des taux d'alcool plutôt bas, ce qui change des 15% à la mode.

Le riesling est leur cépage-roi. On le reconnaît par ses notes pétrolées et minérales.

Sur les rives du fleuve Moselle, le riesling est dans son lieu d'origine. C'est un cépage avec beaucoup de classe qui peut donner des vins magnifiques. Il vieillit admirablement et se prête bien aux vendanges tardives.

Ce vin de Dr. Loosen a la robe plutôt aqueuse, et le nez, difficile d'accès. Il reste discret voire absent un certain temps.

Alors la bouche? C'est la texture qui fait ce vin. Il y a des traces de gaz carbonique, donc ça pétille sur la langue. Cela le rend aérien et festif. C'est assez gras sur le palais et la longueur est remarquable. Le sucre se fait sentir en finale, mais rien pour l'alourdir.

Il laisse deviner des notes de fruits exotiques. Or, tel que mentionné, ce n'est pas le fruit qui est remarquable dans ce vin, mais plutôt sa texture.

À 8,5% d'alcool, la bouteille se vide sans histoires.

Servir avec un pâté un peu sucré sur du pain frais ou tout simplement avec une salade de fruits en fin de repas. Bon et simple!

Marc-André suggère: « D'expérience les rieslings allemands légèrement sucrés vieillissent superbement. » À 14$, pourquoi ne pas en oublier quelques bouteilles dans la cave?

Dr.L Loosen Bros Riesling Qba Mosel-Saar-Ruwer 2009 , Code SAQ : 10685251, 14,00 $

( Si vous ne connaissez pas Marc-André Gagnon, je vous invite à visiter son site web. Il est selon moi un des meilleurs dégustateurs du Québec et j'ai la chance de le compter parmi mes amis.)

dimanche 8 août 2010

Un sauvignon aux effluves de pamplemousse


On m'avait servi ce sauvignon néo-zélandais, le New Harbor, avec un poulet aux agrumes. Nous avions tombé sous le charme: une acidité plaisante, un fruit gourmand, une belle texture. Bref, un bon vin!

Nous l'avons goûté de nouveau quelques jours plus tard à la maison, sans accompagnement.

Une robe plutôt jaune pâle. Un nez d'agrumes, de fleurs blanches, de violette, avec un certain côté végétal, herbacé.

L'acidité volatile est frappante au nez. (Je suis très sensible à ce composé du vin. De façon générale, nous ne devrions pas sentir l'acidité volatile. Mais quand le vin est très acide en bouche, des traces peuvent être perceptibles.)

Le vin une fois en bouche confirme ce que nous avait indiqué le nez: l'acidité est vorace. C'est bien sec.
Les agrumes sont là, en particulier le pamplemousse rose.

Plus le vin devient chaud, plus il tend vers une texture et un goût de jus de fruit. Je dirais un jus de fruits de la passion.

Le vin vient de la région de Marlborough, qui a mis en lumière les vins néo-zélandais, en particulier les sauvignons. Fraîcheur et explosion de saveurs sont leur marque de commerce.

Il va s'en dire que ce vin correspond tout à fait à sa région.

Pour ma part, difficile de le prendre seul. Toutefois, avec une entrée de salade tiède de petits pétoncles avec pamplemousse ou du poulet citronné, il fondra sur vos papilles.

Si vous décidez de tenter le coup, voici mon entrée de pétoncles:

Caraméliser des oignons dans une poêle.
Ne pas mettre le feu trop élevé.
Ajouter les légumes qui vous tombent sous la main : courgettes, poivrons rouges, fèves germées.
Une fois que les légumes sont bien tombés, ajouter les pétoncles (de préférence petits).
Déglacer avec un peu de vin blanc et ajouter une petite quantité de sauce soya.
Finir avec le jus d'un demi pamplemousse pressé.
Laisser tiédir.

Avant de servir sur du pain ou sur des biscottes, ajouter les suprêmes de votre autre moitié de pamplemousse.

Promis, avec votre sauvignon de Nouvelle-Zélande, vos papilles en redemanderont!

Sauvignon blanc New Harbor Marlborough 2009 , Code SAQ : 11184992, 15,35 $

vendredi 6 août 2010

Un peu de Romanée-Conti pour 25$


Lors de la récolte des fruits d'été, notre maison devient un champ de bataille de pots Mason, de sucre, de cuillères en bois et de baies. Mon amoureux se lance dans la confection de confitures qui nous réchaufferont tout l'hiver.

Une fois ces délicieuses framboises mises en pots, il faut bien un pinot noir pour nous les rappeler.

Au grand malheur de mon portefeuille, je suis une adepte des vins de Bourgogne. Un pinot bourguignon, lorsque bien fait, c'est de la haute-couture en bouche. Délicat, fin, savoureux. Le bois ne marque pas. Ni les tannins. C'est une longue robe de soie qui s'éternise sur les papilles.

Pour goûter à cela au Québec, il faut mettre le prix. Pas étonnant que pour un budget d'une vingtaine de dollars, plusieurs choisiront une autre région.

Mais quand on aime la Bourgogne, on y met parfois le prix.

Ici, pour 25,65$, on a un pinot bien correct. On est loin de la robe soyeuse et du nectar de la Côte de Nuits. Mais à ce prix, on est mal venu de s'en plaindre.

C'est un vin de la Côte Chalonnaise.

Avec sa robe violacée difficile de démentir la jeunesse du millésime - 2008. Au nez, des notes de griottes et beaucoup de menthol. (Le menthol, une odeur caractéristique chez certains vins qui tend à disparaître avec l'âge. Par chance!) On y trouve aussi un peu de viande crue, et des framboises.

En bouche, ce n'est pas très complexe: du fruit, du fruit. C'est très charmeur et délicat. La longueur est surprenante. Mais surtout, c'est totalement notre confiture de framboises.

Pour ceux qui n'ont pas eu le temps de se faire des réserves de confiture, ce pinot bourguignon saura rappeler les saveurs estivales.

Si on le boit maintenant, avec un porc nappé d'une sauce aux framboises, le prix en vaudra la peine.

Les snobs du vin y trouveront leur compte, eux aussi. Ce verre de Côte Chalonnaise contient un peu de… Romanée-Conti, la bouteille la plus chère du monde. Le propriétaire du domaine, Aubert de Villaine, est en effet le co-propriétaire de la mythique maison.

Bourgogne La Fortune A.&P. de Villaine 2008 , Code SAQ : 00918219, 25,65 $

mercredi 4 août 2010

De l'Albariño au litchi en passant par la rose

En général, les gars autour de ma table ne raffolent pas du vin blanc. Mais, ils ont vite trouvé le fond de cette bouteille de Raimat costers del Segre 2006 Chardonnay/Albarino. (Le millésime 2006 cède peu à peu sa place au 2009 en ce moment).

Attrayant avec sa robe aux reflets dorés, il avait un nez très expressif. Les notes de muscat étaient les plus évidentes. La pêche et le litchi étaient aussi bien présents sur une trame de noix.

Agréable au nez, il est soyeux en bouche. Les arômes de muscat sont persistantes et intéressantes.

De toute évidence, le mariage entre le fruité- exotique- de l'Albariño et la fraîcheur du Chardonnay est réussi pour ce vin dans lequel l'acidité a su trouver son équilibre.

Ici, c'est une famille légendaire du vin espagnol qui s'est mis à l'oeuvre pour développer des vins dans la région viticole de « Costers del Segre » en Catalogne qui nous offre ce vin.

Cette région viticole ou plutôt la « Denominación de Origen » (en Espagnol) doit son nom au fleuve Segre et a été créée en 1988.

Prospère dans la production de mousseux catalan, le Cava, le groupe Codorníu a mis sur le pied le domaine Raimat. L'entreprise, qui est le principal producteur de la DO de Costers del Segre, connaît bien le climat arides et extrêmes de la région pour y travailler depuis le début du XXe siècle.

Ainsi, ils nous offrent un vin tout à fait honnête qui m'a rappelé avec ses effluves de litchi que si je voulais me remettre cette « cerise de Chine » en bouche c'était le bon moment.

Dans son pays d'origine, la Chine, la saison des litchis survient au début de l'été. Tandis que dans les pays où la culture a été exportée, dans l'hémisphère sud, la récolte aura lieu au milieu de l'hiver, soit autour de décembre.

Une fois au marché, mon panier rempli de maïs, de bleuets sauvages et de pâtissons de saison, quelques litchis ont su y trouver leur place. C'est bien vrai, si on veut garder en mémoire cette saveur si intense jusqu'à la prochaine récolte, le moment est bien choisi.

Le litchi croqué, ma mémoire olfactive et gustative se mirent en action: oui, mon Raimat avait bien de ce fruit au nez.

En bouche, son goût s'apparente étrangement à celui de la rose. C'est fin et délicat, mais savoureux.

Et en y pensant bien, ce vin catalan était agréablement rafraîchissant sur le bord du barbecue pendant que le poulet se faisait rôtir, mais il aurait très bien accompagné un riz au safran et au parfum de rose. Une recette qui peut sembler un peu extravagante, mais qui ouvre nos horizons gustatifs.

Suggestion végé pour cette soirée orageuse:

Faire chauffer du beurre dans une poêle et y ajouter de l'oignon, puis des raisins de Corinthe séchés. Réserver.

Mélanger 1 c. à the d'eau de rose avec une demie c. à thé de safran.
Ajouter la moitié de ce mélange dans 5 tasses de bouillon de légumes et porter à ébullition.

Ajouter à ce bouillon 3 tasses de riz basmati qui a préalablement reposé 30 minutes dans de l'eau et a été égouté.

Une fois le riz cuit et prêt à servir, ajouter le premier mélange d'oignon et de raisins, ainsi que le restant d'eau de rose.
(tiré du livre Menu Végé de Modus Vivendi)

Simple et exotique pour accompagner cet espagnol.

Chardonnay/Albarino Raimat Costers del Segre 2009 , Code SAQ : 10845841, 13,60 $

lundi 2 août 2010

Un vin de tous les jours pour les tapas


Je reviens tout juste d'un mariage où nos chers hôtes ont eu la brillante idée et l'immense générosité de nous offrir en cadeau un recueil de leurs meilleures recettes. Une excellente suggestion dans la section « 5 @ 7 » m'a inspirée le vin d'aujourd'hui.

La recette? Des dattes farcies au chorizo.

On me demande souvent des suggestions de vin pour l'apéro. Il est vrai que l'on a toujours besoin d'un vin simple, mais bon, avec un rapport qualité prix compétitif. Une bouteille qui ne nous fend pas le coeur d'ouvrir quand des amis se pointent à la dernière minute. Et encore plus vrai si ces amis débarquent en surnombre et qu'il faut en ouvrir deux, trois…

Alors voici ma suggestion pour accompagner cette délicieuse entrée. Le Sainte-Croix, la Bergerie 2008. Un 10,10$ bien investi.

C'est le Domaine Roux Père et fils, vigneron en Bourgogne, qui fait ici office de négoce, donc, qui vinifie ces raisins achetés dans le pays d'Oc du Languedoc-Roussillon.

Les maisons de négoce sont généralement des sociétés d'envergure qui ne manquent pas de moyens. Elles peuvent faire de beaux produits, mais certaines tournent les coins ronds, offrant des produits qui manquent de finesse et qui sont chargés de bois. Mais ici, le défi est relevé.

La robe de cet assemblage de syrah et de merlot est violacée.
Au nez, des petits fruits, la garrigue et l'épicé de la syrah.
En bouche, c'est tout simple: de beaux tannins soyeux soutiennent le fruit - la cerise - sur une texture presque veloutée. C'est rond et franchement agréable.

Nous avons toujours une bouteille de Sainte-Croix à la maison. Pour le porc du lundi soir sur le barbecue ou avec la salade grecque du midi, ce vin sait toujours trouver sa place.

Et pour ce tapas de dattes farcies au chorizo, il sera au rendez-vous.
Le sucré de la datte, le gras du proscuitto et le petit « kick » épicé du chorizo forment un heureux mélange. Rien de trop costaud pour le Sainte-Croix.

La recette
Une barquette de dattes (environ 12)
6 tranches de prosciutto (ou une tranche pour deux dattes)
un saucisson de chorizo (piquant de préférence)

Couper les dattes en porte-feuille (c'est-à-dire côté longueur et pas entièrement), les ouvrir et enlever le noyau, Retirer la viande de chorizo de son enveloppe (si saucisse crue) et placer une petite quantité dans les dattes.
Refermer la datte en l'enveloppant dans le prosciutto. Maintenir le tout en place avec un cure-dent.

Chauffer une poêle à feu moyen à moyen-élevé (le gras du prosciutto devrait suffire). Dorer les dattes de chaque côté, voire même un peu noircies ou jusqu'à ce que le chorizo soit bien cuit (environ 7 à 9 minutes).
Placer les dattes sur un papier absorbant. Servir.

En l'honneur d'Isabelle et Thom, bon appétit!

Syrah/Merlot Sainte-Croix La Bergerie vin de pays d'Oc 2008 , Code SAQ : 10915239, 10,10 $