vendredi 30 juillet 2010

Un rosé pour mes groseilles

« On prend des groseilles? » Je rentre à la maison avec ma barquette de groseilles maquereaux me demandant bien ce que j'allais en faire et surtout comment les accompagner.

Pas facile d'aimer le groseille maquereaux. Différent du groseille conventionnel, parce qu'il n'est pas en grappes et qu'il est plus gros que ce dernier, ce fruit est caractérisé par l'acidité que lui donne sa peau. Une odeur de pommettes s'en dégage. Les pépins sont vifs et acidulés. La chair est tendre et savoureuse sur une finale bonbon surette.

Le groseille en grappe, lui, sert souvent à décorer les assiettes. En bouche, il est croquant, savoureux, acide, et sucré.

Ces caractéristiques, on les retrouve justement dans le vin de Côtes-de-provence qui a accompagné à merveille mes groseilles.

Ce vin? Il provient d'une famille qui cultive depuis de nombreuses générations la vigne. La famille Quiot à qui nous devons entre autre le Domaine du Vieux Lazaret dans le Châteauneuf-du-Pape est une famille viticole depuis le 18e siècle.

Ici, on la découvre non pas dans la vallée du Rhône, mais en Provence dans ce rosé «Domaine Houchart Sainte Victoire Côtes de Provence 2009.»

Contrairement aux rosés du Nouveau Monde, les rosés de Provence sont habituellement plus gourmands, moins sucrés, davantage structurés. Ils accompagnent ainsi mieux les repas.

Facilement reconnaissables, leur robe est moins rougeâtre, tirant davantage sur le saumon.

Le Sainte Victoire est issu d'un assemblage de grenache, de syrah, de cinsault et de mourvèdre. Il dégage au nez des effluves de pêches blanches, de framboises et de fraises.

En bouche, c'est délicat, long, très long. L'acidité est bien présente. On l'associe facilement à celle de mes groseilles et à son côté sucré.

Ce rosé est franchement intéressant avec ses notes un peu salines en rétro-olfaction. (On met la langue au palais et on aspire immédiatement après avoir avalé le vin. Cela permet d'ouvrir les voies nasales et de mieux percevoir les arômes en bouche).

Avec ma barquette de groseilles maquereaux et celle de groseilles en grappe, je n'allais certainement pas me lancer dans une confiture. Je fais quoi alors?

Pourquoi ne pas exploser une salade de roquette un peu amère avec des groseilles? Ça fait joli, le rouge vif sur le vert. Une bonne huile d'olive, un peu de vinaigre de vin - qui se marie à merveille avec mes groseilles - de la fleur de sel, du poivre du moulin…et mon verre de Sainte Victoire.

Ce qui restait de mes groseilles s'est retrouvé en chausson pour le dessert. Un peu de sirop d'érable pour équilibrer l'acidité et le tour est joué!

Dom. Houchart Sainte Victoire Côtes de Provence rosé 2009 , Code SAQ : 11278091, 16,10 $

mercredi 28 juillet 2010

Un Beaujolais pour petits fruits du Québec

Canard confit et salade de petits fruits sur verdure, voici ce que j'avais en tête lorsque j'emportais la bouteille de Beaujolais à la maison.

Pas le beaujolais que l'on boit cul sec avant de fracasser la bouteille au sol en France lors de la fête du Beaujolais Nouveau. Non.

Plutôt l'un des dix crus du Beaujolais, Moulin à vent, fait par Frédéric Marc Burrier.

C'est à l'été 2008 que j'avais fait sa rencontre à son domaine. En habit de travail, il était sorti des chais en courant, débordé et avait pris le temps nécessaire pour me faire connaître ses vins.

Nous avons passé un temps fou à discuter entre deux rangées de ceps. « Je passe beaucoup de temps dans les vignes, car tout se passe ici. L'oenologie nous a appris à faire des vins corrects avec des raisins corrects. Or, pour faire du grand vin, il faut s'occuper à la base de la vigne.»

Et personne ne pourra contredire ce Bourguignon du Sud établit sur un vignoble familial bâti au cours des cinq derniers siècles par ses ancêtres.

Lors de mon passage au domaine, il travaillait le millésime 2007. Un millésime difficile où les vignerons ont dû beaucoup trier les raisins, victimes d'un été et d'un automne chaotiques.

De retour à mon confit, ce sont mes fruits de saison qui m'ont guidé vers le Château de Beauregard, Moulin à vent 2006 «Le classique», Joseph Burrier.

Fait à 100% de gamay, le beaujolais semblait tout indiqué pour laisser la place aux saveurs délicates du confit et pour rehausser la fraîcheur et la saveur des bleuets, des framboises et des fraises du Québec.

Le gamay est un cépage à peau noir, mais à jus blanc qui donne des vins fruités et épicés. On le sent bien quand on met notre nez dans ce verre de Moulin à vent.
C'est «classique» comme l'indique son nom : vanille et petits fruits rouges.
Avec une longue aération dans le verre, le sucre brun chauffé, le zeste d'orange cuit, le parfum du romarin et les notes épicées du poivre blanc se libèrent.

On se régale car le vin évolue autant au nez qu'en bouche. Il est savoureux, soyeux et il offre une longueur moyenne.

Avant de passer au dessert, ce vin avait développé des notes de canneberges.
Franchement délicieux!

Pour 29,35$, ça valait le coup.
Bien que 2006 soit une bonne année dans le Beaujolais, pas besoin de le garder plus longtemps. Il a déjà quatre ans.

Entre deux fraises fraîches, bon Beaujolais!

Moulin-à-Vent Château de Beauregard Classique 2006 , Code SAQ : 11154460, 29,35 $